Palabres Culturelles Internationales

Rencontres internationales de jeunes et d'artistes
du 1er au 21 juillet 2011
A Tananarive / Majunga (Madagascar)
SOUS L'EGIDE DE L'UNESCO
Sur les traces des Surfs, J.J. Rabéarivelo, Flavien Ranaivo

Concours talents de la musique

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Flavien Ranaivo

(né en 1914)

L'art de la poésie

Appartenant à une famille de la noblesse merina (1) de la région de Tananarive, Flavien Ranaivo naquit le 13 mai 1914 à Arivonimamo où son père occupait alors les fonctions de gouverneur. Il était le sixième d'une famille de huit enfants. Son père, poète à ses heures et surtout compositeur de musique mourut alors qu'il n'avait que deux ans et demi. Flavien Ranaivo

Elevé par des femmes en toute liberté dans la nature, il n'entra à l'école qu'à l'âge de huit ans, ayant appris la musique auprès d'un grand frère bien avant d'apprendre à lire. C'est à quatorze ans seulement, à l'entrée du Lycée, qu'il apprit le français.

Après le Lycée, il hésita entre plusieurs orientations,s'engagea durant la guerre dans les forces françaises libres, puis au retour à Madagascar, entra dans l'administration des postes d'où il fut détaché pour s'occuper de la presse de langue malgache et de langue française. Il publie son premier recueil de poèmes, L'ombre et le vent , à Tananarive en 1947.

A partir de 1950, il fait de longs séjours en France,pour des études supérieures, puis est appelé à de hautes fonctions auprès du Gouvernement français et à l'U.N.E.S.C.O.

En 1959, il regagne son pays où il est nommé Directeur de l'Office du Tourisme , puis Directeur de l'Information.

En 1962, paraît son troisième recueil : Le retour au bercail et, en 1965,il reçoit le Grand Prix littéraire de Madagascar pour l'ensemble de son œuvre.

Dans son Anthologie négro-africaine , Mme Lilyan Kesteloot le présente ainsi :
« Voici à notre avis, et c'est le mérite de Senghor que de l'avoir découvert, le plus intéressant poète malgache d'aujourd'hui ».
« Il prend la poésie malgache d'expression française au point précis où l'avait laissée Rabearivelo et lui fait franchir un pas décisif », écrit Senghor.

En effet, toute l'originalité de Ranaivo consiste à s'être vraiment libéré des influences françaises et à s'être mis à l'école des poètes populaires de son pays. Ses poèmes sont des adaptations, parfois même des traductions des « hain-teny » qui sont des chants malgaches d'un style caractéristique :suppression des mots inutiles, inversion, vers très courts et rythmés pour la marche,ton familier qui réunit l'humour, la malice et la sagesse, images exclusivement tirées du pays, utilisation continuelle des proverbes et des symboles parfois si hermétique (pour qui n'est pas malgache) que ces poèmes deviennent des devinettes.

(1) prononcer Ranaive et merne

Principales œuvres :

Recueils de poèmes

L'ombre et le vent , Tananarive, 1947 (réédité en 1967)
Mes chansons de toujours , Paris, 1955 (préface de L.S. Senghor)
Le retour au bercail, Tananarive, 1962

Conte

La jalousie ne paie pas , Revue de Madagascar, 4ème trimestre,1952)

Essais

les Hain-teny , Revue de Madagascar, 4ème trimestre, 1949, La Littérature malgache , Présence Africaine, 1956

2e article

Ranaivo, Flavien (13/05/1914 - ?)

Fils du gouverneur d'Arivonimamo, issu d'une famille de Zanadralambo (haute noblesse merina), Flavien Ranaivo est orphelin de père de bonne heure. Il passa sa jeunesse à Tananarive et dans sa banlieue (Antsomangy, à 3 km d'Ambatofotsy), une jeunesse qu'il qualifiera lui-même de « sauvage ». Il ne commencera à l'école qu'à 8 ans, alors qu'il a déjà quelques notions musicales, acquises sous la direction de son frère aîné.

À 14 ans, il entre au Lycée Gallieni, où il débute son apprentissage du français. Sa deuxième langue apprise à l'école sera l'allemand. Après avoir envisagé de préparer le concours de Saint-Cyr, il s'inscrit à « Math-Géné », s'intéresse à l'architecture, se fait professeur d'anglais et de mathématiques dans un collège privé de Tananarive et se marie.

Lors de la seconde guerre mondiale, il s'engage dans les Forces Françaises libres, et à la démobilisation, il est sous-officier d'état-major. Il passe alors avec succès le concours d'entrée dans le cadre général des Postes. Ayant prouvé son efficacité à déchiffrer les bulletins d'information des agences Havas, Reuter, etc., écrits en morse, il est rapidement affecté par le Gouverneur Général de Coppet, à l'Information.

Chef de section de la Presse malgache, il dirige l'hebdomadaire Vaovao-Frantsay-Malagasy , ainsi le quotidien de langue française, Information de Madagascar , et est rédacteur en chef de la Revue de Madagascar . Parallèlement, il s'intéresse à la littérature de son pays, approfondit Rabearivelo qu'il admire mais ne trouve pas assez malgache à son goût, et découvre les hain-teny au travers des traductions de Jean Paulhan .

En 1946, il fait paraître dans la Revue de Madagascar sa « Recommandation à de jeunes mariés », et la même année, il est lauréat de la section Lettres à l'exposition de Madagascar.

En 1947, il publie son premier recueil, L'ombre et le vent , préfacé par O. Mannoni.

De 1950 à 1952, Flavien Ranaivo effectue son premier long séjour en Europe, comme stagiaire de l'École nationale de la France d'outre-mer, pour être ensuite appelé au cabinet de Dr Aujoulat, secrétaire d'État à la France d'Outre-mer.

Revenu à Madagascar, il reprend ses fonctions de Chef de la section Presse malgache au Service de l'information, et prépare son deuxième recueil, Mes chansons de toujours , qui paraît à Paris en 1955 (Grand prix littéraire de Madagascar). Directeur du Bulletin de Madagascar de 1965 à 1972, il collabore à la Revue de l'Océan Indien .

Rappelé à Paris, il est d'abord élève de l'École des Sciences Sociales (1955-1956), avant d'être chargé des Étudiants de Madagascar à la Présidence du Conseil de la République française, tout en étant membre de la Commission nationale française pour l'U.N.E.S.C.O.

À son retour à Madagascar, en 1959, il occupe d'abord les fonctions de Directeur de l'Office du tourisme, avant d'être nommé Directeur de l'information, poste qu'il occupera jusqu'en 1973, tout en étant chargé de cours de littérature malgache traditionnelle.

Son troisième recueil, Le retour au bercail , paraît en 1962. Par ailleurs, Ranaivo s'intéresse au cinéma et réalise de nombreux films de court et moyen métrage, dont Tananarive aux mille visages (Diplôme d'honneur du IX e Festival du film touristique, 1967).Il reçoit en 1965 le Grand prix littéraire Akbaraly, pour l'ensemble de son œuvre.

Dans une conférence tenue en mai 1979 sur les hain-teny, il déclarait :

« Et voilà que vers mes vingt et un ans, au hasard de mes lectures, je tombai sur Les Hain-teny merina de Jean Paulhan. Ce fut une véritable révélation, et j'en étais si bouleversé que sur-le-champ je retrouvais mes sources : il était bien là mon passé d'enfant sauvage et doux, dans toutes ses couleurs à la fois violentes et tendres.

Ainsi je renaissais, mais après avoir pénétré d'autre part les arcanes des lettres occidentales, leurs modes de penser suivant les circonstances et leurs méthodes dont, à la vérité, je me sers rarement et comme simples références.

Ainsi, c'était un homme de lettres français qui m'avait fait découvrir la beauté de la poésie malgache ».

Bibliographie succincte

Recueil de poèmes

L'ombre et le vent , Tananarive, 1947, rééd. 1967, 32 p., préface d'O. Mannoni
Mes chansons de toujours, Paris, 1955, préface de L.S. Senghor
Le retour au bercail, Tananarive, 1962, 38 p., préface de Robert Mallet
Poèmes, Hain-teny, Paris, Coll. D'étranges pays, 1976

De nombreux poèmes figurent également dans des anthologies.

Prose

La jalousie ne paie pas, conte malgache, in Revue de Madagascar , 4e trimestre 1952

Essais

Les Hain-teny, in Revue de Madagascar , 4e trimestre 1949
La littérature malgache, in Présence africaine , 1956
Les hain-teny (texte d'une conférence prononcée en juin 1949) in Cahier Jean Paulhan n°2, Paris, Gallimard, 1982, pp. 359-376
Le français hors de France (Paris, 1979)

Linguistique

Le grand dictionnaire de Madagascar , en collaboration avec Jean Valette, 3 volumes

Histoire

Un testament de Rasoherina, in Bulletin de Madagascar , avril 1950

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